Empreintes

 

La lune  le soleil la terre

Se donnent rendez-vous sur nos jambes guerrières

Alors à nous le monde nos rêves et nos lumières

 

 

Il y a dans ces étoffes travaillées par le temps

Une douceur invisible qui nous relie aux ans

L’amour la joie la tendresse de l’enfance

Qui en détient l’énigme

 

 

Vêtements comme une doublure secrète

Sur quelle peau avez-vous traversé la saison

Sur quel imaginaire tricoté

Sur quel réel ajouré de rêves

Avez-vous parcouru les journées

 

 

L’oubliant

J’ai voulu la douceur

Balancée par sa précarité

L’étourdir de songes

Je l’ai posé là sur le sol

Loin de la cruauté de l’injustice du monde

Je l’ai posé là sur le sol

Loin de la cruauté de l’injustice du monde

L’oubliant

J’ai voulu la douceur

Balancée

Par sa précarité

L'étourdir de songes

L’alléger des contraintes

J’aurais voulu me poser là aussi

Le nez dans les étoiles

 

 

Mystère des corps qui les ont portés

Robe légère de nos journées d’été

Comme un petit coquelicot

 

Sur la trame de nos histoires

Nait une petite musique

Tu te souviens

Du vent le soir

Des balades sur les chemins pierreux

Ou la scolopendre et l’ortie nous saluaient

Tu te souviens

Des chants des murmures  des herbes folles

Caressées par le vent d’automne

Tu la laissais alors

La robe de princesse

Elle était trop légère pour affronter la bise

Tu la regardais encore une dernière fois

Commençait ainsi son hibernation

Ou les fleurs sur les robes ne sont plus de saisons

Elle hibernait toi aussi peut-être

 

 

Elle avance sur des notes de musique

Sur un rythme intérieur elle balance

Elle croise des destins

Fredonne des refrains

Elle recoud l’ourlet de nos chagrins

Elle est douce et légère

Elle s’appuie sur nos hanches

Dessine du bout des doigts la chaleur de nos seins

Elle triomphe de la morale

Elle découvre nos cuisses et notre ventre

Elle s’ouvre coquine aux mains galantes

Elle s’offre au monde en totem paien