JJR

Jean-Jacques Rebours
Journaliste


          Confiez-lui une robe de mariée périmée, un jean de Nîmes ou d’ailleurs, un corset qui a affiné la taille de votre grand-mère… Si ces vêtements inspirent Dominique Potard par leur matière ou leur couleur, l’artiste les transcendera en œuvres d’art.

          Quand j’ai découvert ses oripeaux célestes, ses peaux de femme, ces anciens textiles devenus tableaux, ou encore ses robes planantes, ces structures torturées par l’émotion et la rage, je suis resté en arrêt. J’étais captivé par leur force de persuasion. J’étais hypnotisé par ce rouge Potard, la couleur de prédilection de cette artiste qui réside à Saint-Quay Portrieux en Côtes-d’Armor.

          S’ils ne sentent plus la terre dans laquelle ils ont séjourné, un, deux, trois mois… le temps que le temps fasse son effet, ces vêtements subtilement dégradés par les bactéries et l’humus, nous interpellent. On imagine des corps, on les voit en mouvement. Le rêve flirte avec le fantasme…

          Ces œuvres reflètent la fibre de Dominique Potard, artiste féminine et féministe. Elles traduisent la violence faite aux femmes. Certaines même le viol. Elles participent surtout à l’éducation de tous. Pour que les filles, les épouses et les mères soient des femmes libres et debout.